Mon expérience avec la dépression

Cet article n’est certainement pas le plus aisé à écrire ni le plus jovial. Mais je pense qu’il a toute sa place ici. Comment introduire ce sujet sans être trop brusque, ni trop direct ? Pourquoi ai-je aussi peur d’évoquer ce sujet, alors que dans mon être je sens que cet article pourrait apaiser des âmes ou leur donner un peu d’espoir ? Par où commencer ?

Ici simplement par les faits : j’ai SUBI UNE DÉPRESSION.

Les mots ont ici toute leur importance, car une dépression ne s’attrape pas, ne se transmet pas, ne prévient pas, on l’a subi. Souvent, nous le réalisons que trop tard. Pour ce qui est des symptômes ils sont très nombreux et varient selon les personnes touchées, je vous invite à cliquer ICI pour en savoir plus. Cependant ce qui fait la grande particularité d’une dépression, c’est que les symptômes durent sur le long terme, et parfois nous avons l’impression que cette situation ne changera jamais.

Me concernant, j’ai mis énormément de temps à m’en rendre compte. J’ai même rusé pour cacher cette profonde mélancolie qui m’habitait. En effet, j’ai toujours été, et cela depuis mon plus jeune âge, une fille pleine de malices, de rêves et de joie. Il m’arrivait de rire aux éclats contaminant ainsi mon entourage en leur communiquant cette jovialité dont j’étais pleine.

Le jour où je me suis sentie vide, je me suis sentie perdue, j’étais paniquée. Moi qui ne supportais pas les gens aigris et constamment dans la plainte, je me demandais alors, comment les gens allaient me supporter…

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J’ai donc traversé une longue phase de dénis, je fus en effet une très bonne actrice pendant quelque temps. Je revêtais donc mon plus grand sourire dès que je passais le pas de la porte. Faisant semblant d’être toujours heureuse et aussi enjouée. Seulement, c’était sans évaluer l’énergie que cela me demandait.

Un beau jour, mon corps en a eu assez et a donc décidé de s’exprimer à ma place. Je me suis littéralement éteinte, atteinte d’hypersomnie, personne ne comprenait ce qui m’arrivait. Je ne voulais pas en parler, je ne voulais montrer aucun signe de faiblesse à qui que ce soit. Pensant que c’était une honte, que certains s’en serviraient pour me nuire, ou peut être bien que le fait de m’entendre en parler me confrontait tout simplement à cette vérité que je ne voulais pas accepter.

Le déclin…

Parlons donc de ce déclin… J’étais en vie mais mortes, incapable de ressentir quoi que ce soit en dehors de cette mélancolie. Ni amour, ni haine, ni pitié, ni colère… Juste de l’indifférence face à cette vie qui me semblait de plus en plus insignifiante. M’accrochant à ma foi il m’arrivait parfois de prier Dieu lui demandant de m’ôter la vie si je n’avais plus aucune utilité dans ce bas monde. Car incontestablement je me sentais complètement inutile. Plus mon état s’aggravait, plus j’avais l’impression de devenir un poids pour mon entourage.

J’étais dans l’incapacité de vivre, les tâches les plus simples me paraissaient insurmontables. Il m’arrivait souvent de regarder par la fenêtre et d’être admirative en observant les gens «vivre» tout simplement.

Beaucoup de choses me manquaient, je ne sortais quasiment plus. La simple sensation de côtoyer la vie, de sentir la brise caresser ma peau et de respirer le grand air relevait de l’impossible. Car oui, quand vous êtes dans cet état, vous vous créez votre propre prison. Une prison dont les murs sont faits de craintes, d’angoisses, de désespoir et de dégoût…

J’ai donc purgé une peine de presque trois ans ferme. Je pense que ce qui m’a le plus porté préjudice a été de tout garder pour moi. C’est surement cela qui a retardé ma rémission. Et j’utilise le terme rémission en connaissance de cause. La dépression c’est le cancer de l’âme et de l’esprit, si on le laisse se généraliser, c’est tout notre être dans sa globalité qui est atteint.

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L’acceptation…

Lorsque j’ai fini par accepter que je fusse malade, et ce malgré moi, c’est la que tout c’est débloqué. Ce fut long… chaque effort me paraissait monumental. J’arrêtais alors de me projeter sur le long terme, je me suis concentrée sur l’instant présent. Chaque jour je me posais la question «que puis-je faire aujourd’hui pour me diriger vers la guérison ? Qu’est ce que je peux faire pour rendre ma journée meilleure et de quoi ai-je besoin pour me sentir heureuse ? »

J’ai dû chercher dans mes souvenirs ce qui faisait de moi la femme épanouie que j’étais. Lorsque toutes ces informations furent réunies, je me suis attelé à la tâche.

Chaque jour, je faisais un pas, pour ne pas me décourager. Ce processus a pris énormément de temps. J’ai dû me réadapter à la vie, aux sentiments, aux gens et au monde extérieur. J’ai dû tout simplement sortir de cette zone de confort que je m’étais créer pour me préserver, m’autosaboter ou peut-être même pour m’assassiner. Je n’ai pas encore élucidé ce mystère, car je vous avouerai que je suis toujours en train d’essayer de comprendre pour ne plus sombrer.

Retrouver le gout de la vie…

Pourquoi je ne parle pas de future ? Tout simplement par ce que j’ai décidé de me focaliser sur l’instant présent. À trop accorder d’importance au future on en fini par oublier l’instant et donc la vie avec tout ce qu’elle revêt de précieux dans ce qu’elle nous offre tous les jours.

J’ai réalisé que dans chaque journée se cachait un trésor, que ce soit dans un sourire, un regard innocent d’enfant, un fou rire, dans la saveur agréable d’une pâtisserie ou bien même face à une opportunité de trouver l’amour, le vrai…

Pour moi il n’y a rien de plus angoissant que de penser au futur, c’est un instant qui n’est pas encore là, dont nous n’avons aucun contrôle. Que d’énergie dépenser dans quelque chose qui n’existe pas encore !

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Et Maintenant ?

Je ne pense pas être complètement guérie, mais je suis désormais armé pour pouvoir affronter ce combat à nouveau. Je terminerai par quelques petits conseils, non pas que ces recommandations vous permettront d’éradiquer la dépression, mais en revanche vous pourriez l’aborder de façon différente et peut-être limiter les dégâts…

  • Parler de votre mal-être à un spécialiste. Si je m’étais dirigé vers mon médecin dès le départ je ne pense pas que j’aurais sombré pendant autant d’années.
  • Discutez-en avec vos proches. Ils ne pourront jamais deviner ce que vous ressentez. Poser des mots sur vos maux sera un exercice très douloureux, mais très salutaire.
  • Essayez de reconnaître vos émotions pour pouvoir les comprendre et les accepter.
  • Acceptez que vous aussi possédiez des faiblesses, après tout nous ne sommes pas des sûrs-hommes, juste des êtres humains !
  • Ne vous donnez pas d’objectifs trop importants, vous risquerez de vous sentir à nouveau comme un(e) moins que rien, alors que ce que vous vivez n’est pas votre faute !
  • Focalisez-vous sur ce qui vous rend heureux(se). Dans ces moments-là, un peu d’égoïsme ne fait pas de mal.
  • Avancez pas à pas (Rome ne s’est pas construite en un jour…)
  • Réglez petit à petit tous vos petits problèmes du quotidien (tâches administratives, dettes, réparations…), cela vous permettra de diminuer les causes d’anxiété, vous n’avez pas besoin de soucis supplémentaires.
  • Le regard des gens ? ON S’EN FICHE, ils sont trop occupés à faire en sorte qu’on ne remarque pas leurs défauts.
  • Et surtout, focalisez-vous sur l’instant présent. Hier n’est plus et nous permet juste de comprendre qui nous sommes aujourd’hui et demain n’est pas encore là, nul besoin de s’inquiéter de ce qui n’existe pas encore.

N’hésitez pas à compléter cet article avec vos conseils en commentaire. Toute aide est précieuse.

CARPE DIEM

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Enchantée !

Bonjour à tous !

Avant de reprendre mon blog, je souhaitais tout d’abord me présenter.

Je m’appelle Amel, la trentaine depuis quelques années déjà… Je suis une boule d’énergie qui a soif de découverte. Beaucoup de choses me passionnent et j’ai vraiment du mal  à me focaliser uniquement sur un seul domaine. Alors oui, ce blog sera un peu décousu, mais finalement cela fait partie de ma personnalité.

Dans un souci d’authenticité, je ne souhaite pas changer mon mode de fonctionnement. Nous aborderons donc dans ce blog de nombreux sujets, allant de la futilité à des thèmes plus importants. Vous découvrirez au fur et à mesure que je n’aime pas me coincer dans des catégories ou des cases. Je souhaite juste exister et apporter ma pierre à l’édifice en tant qu’être humain…

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